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Tâches récurrentes : arrêter de les ressaisir

Équipe Flots4 min de lecture

Chaque mois, la même scène. Ressaisir « envoyer les factures », « relancer le client qui n'a pas répondu », « vérifier la sauvegarde ». Trois tâches qu'on a déjà écrites onze fois cette année.

Ce n'est pas seulement une perte de temps. C'est une charge d'organisation qui revient à chaque cycle, alors qu'elle pourrait ne se payer qu'une fois.

Ce qui coûte vraiment dans une tâche qui revient

L'écriture prend dix secondes. Ce n'est pas là qu'est le problème.

Le coût réel se situe avant : se souvenir qu'il faut la réécrire. Entre deux occurrences, une partie de votre attention reste mobilisée à surveiller l'échéance. C'est un travail continu pour une tâche qui, elle, est ponctuelle.

Une récurrence bien réglée supprime cette surveillance. La tâche revient d'elle-même, au bon moment, et l'intervalle redevient du temps libre plutôt qu'une veille.

Ce que la recherche dit des routines

On lit souvent qu'il faudrait vingt et un jours pour installer une habitude. Ce chiffre ne vient d'aucune étude sérieuse.

La référence réelle est un travail publié en 2010 dans l'European Journal of Social Psychology par Phillippa Lally et ses collègues, How are habits formed: Modelling habit formation in the real world. Quatre-vingt-seize volontaires ont choisi un comportement à répéter chaque jour dans un contexte stable pendant douze semaines, en évaluant quotidiennement son degré d'automatisme.

Le résultat est double. L'automatisme progresse bien avec la répétition, jusqu'à atteindre un plateau. Mais le délai pour y arriver varie énormément selon les personnes et selon les comportements.

La conséquence pratique est simple : ne comptez pas sur l'automatisme pour vous souvenir. Laissez le système s'en charger, et gardez votre énergie pour faire la tâche.

Quelles tâches méritent une récurrence

Toutes n'en valent pas la peine. Une liste encombrée de récurrences inutiles fatigue autant qu'une liste vide.

Les échéances à coût d'oubli élevé. Facturation, déclarations, renouvellements d'abonnement, relances. Oublier coûte de l'argent ou de la crédibilité.

Les entretiens invisibles. Sauvegardes, mises à jour, vérifications. Personne ne les réclame, et leur absence ne se voit qu'au moment du problème.

Les rituels d'organisation. Le point hebdomadaire, la revue de la semaine, la préparation du lundi. Ce sont eux qui tiennent le reste, et ils sautent en premier quand ils ne sont pas posés.

En revanche, inutile d'automatiser ce que vous faites déjà sans y penser. Relever son courrier n'a pas besoin d'une tâche.

Régler la bonne fréquence

Une récurrence mal calibrée devient une nuisance. Le signe est facile à repérer : si vous repoussez la même tâche chaque semaine, la fréquence est fausse.

Deux corrections possibles. Espacer, parce que la tâche n'avait pas besoin d'être hebdomadaire. Ou découper, parce qu'elle est trop grosse pour un créneau ordinaire et qu'elle attend un moment qui n'arrive jamais.

Un dernier réglage aide beaucoup : regrouper les récurrences sur un même jour. Une matinée administrative par semaine vaut mieux que sept petites interruptions réparties.

Mettre ses récurrences en place dans Flots

Dans Flots, la récurrence se définit à la création ou plus tard, sur une tâche existante. Vous choisissez le rythme qui correspond à l'habitude réelle : chaque semaine, certains jours précis, chaque mois. La tâche revient ensuite d'elle-même, sans intervention.

Les rappels s'activent tâche par tâche pour être prévenu au bon moment, plutôt que de surveiller la liste. Rien n'est obligatoire : un titre suffit à créer la tâche, la récurrence et le rappel s'ajoutent seulement si vous en avez l'usage.

Reste à vérifier que l'ensemble tient. La vue Planning montre la charge d'une semaine, récurrences comprises. C'est souvent là qu'on découvre que le lundi porte à lui seul six tâches automatiques, et qu'il faut en déplacer la moitié.

Cette logique d'externalisation est au cœur de la méthode GTD, qui en fait un système complet.

Une tâche qui revient n'a pas besoin d'être retenue, seulement d'être réglée une fois. C'est le genre de charge qu'on ne remarque qu'après l'avoir supprimée.

Réglez vos routines une fois, oubliez-les ensuite.

Récurrences, rappels et charge de la semaine visible au même endroit que vos tâches.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une tâche récurrente ?+

Une tâche qui revient à intervalle régulier et qu'on définit une seule fois : chaque lundi, tous les 5 du mois, tous les trimestres. L'application la recrée d'elle-même au bon moment, sans qu'on ait à y penser entre deux occurrences.

Quelles tâches vaut-il la peine de rendre récurrentes ?+

Celles qui reviennent à date fixe et dont l'oubli a un coût : facturation, relances clients, sauvegardes, déclarations, renouvellements. Inutile en revanche d'automatiser ce que vous faites déjà machinalement, cela ne fait qu'encombrer la liste.

Comment éviter que les récurrences ne polluent ma liste ?+

En leur donnant une date réaliste plutôt qu'une échéance théorique, et en les regroupant sur un même jour quand c'est possible. Une récurrence qu'on repousse chaque semaine est mal calibrée : il faut changer sa fréquence, pas la subir.

Combien de temps faut-il pour qu'une routine devienne automatique ?+

Cela varie fortement d'une personne et d'un comportement à l'autre. L'étude de référence de Lally et ses collègues montre que l'automatisme progresse jusqu'à un plateau, mais que le délai pour l'atteindre est très variable. D'où l'intérêt de ne pas compter dessus et de laisser l'outil se souvenir.

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