Bending Spoons a finalisé le rachat d'Airtable le 4 septembre 2026. Six jours plus tard, la même société annonçait un accord pour acquérir Miro. Un rachat bouclé, un autre engagé en une semaine : la question se pose pour les équipes qui utilisent ces outils.
Rien ne change dans l'immédiat. C'est en revanche le bon moment pour vérifier deux ou trois choses.
Ce que le rachat d'Airtable change
L'accord a été annoncé le 4 août 2026 pour une valeur d'entreprise de 1,285 milliard de dollars, et l'opération a été bouclée un mois plus tard. Le communiqué de clôture revendique plus de 500 000 organisations utilisatrices, et Luca Ferrari, PDG de Bending Spoons, y annonce vouloir investir dans le produit, le support client et la commercialisation.
Le prix est pourtant loin des sommets. TechCrunch rappelle qu'Airtable était valorisé plus de 11 milliards de dollars en 2021, et que Bending Spoons rachète d'ordinaire des entreprises en dessous de leur dernière valorisation, réduit les effectifs, resserre les produits et cherche à les rendre rentables.
Rien là-dedans ne dit ce qui arrivera à Airtable. Cet historique mérite quand même d'être connu avant de bâtir toute son organisation sur un outil.
Le précédent Evernote, racheté par Bending Spoons en 2022
Bending Spoons a racheté Evernote dans un accord annoncé en 2022. Ont suivi des licenciements et des coupes dans l'offre gratuite, ramenée fin 2023 à 50 notes et un seul carnet. Le cofondateur de Bending Spoons assume, en avançant une rétention client restée « remarquablement stable ».
La situation d'Airtable est différente. Bending Spoons met en avant un revenu récurrent annuel d'environ 480 millions de dollars, en croissance de plus de 20 % sur un an, et dit vouloir investir dans le produit sur le long terme. Si vous avez vécu la transition Evernote, votre vigilance reste légitime.
Il s'agit seulement de garder la possibilité de partir, si un jour vous le décidez.
Testez votre export avant d'en avoir besoin
Exportez une base complète, pièces jointes comprises, et ouvrez le résultat ailleurs. Mieux vaut repérer un champ mal exporté maintenant que le jour du départ.
Les limites d'Airtable qu'on redécouvre à cette occasion
Un rachat pousse à relire sa facture. Voici ce que dit la grille actuelle.
Le plan gratuit tient à 1 000 enregistrements et 1 Go de pièces jointes par base, avec cinq personnes en droit d'édition. Le plan Team passe à 50 000 enregistrements et 20 Go par base, pour $20 par utilisateur et par mois en facturation annuelle. Le plan Business monte à 125 000 enregistrements et 100 Go, pour $45 par utilisateur et par mois, selon la grille publiée par Airtable et le détail des limites par formule.
Deux conséquences concrètes.
La facturation porte sur les collaborateurs de l'espace de travail et des bases, dès le niveau Commentateur sur le plan Team et dès le niveau Éditeur sur le plan Business. Un collègue qui n'intervient que sur une base coûte le prix plein.
Et les enregistrements se comptent par base, pas par compte. Une base qui journalise des envois ou archive des contenus atteint le plafond plus vite qu'une base de contacts.
Quand une base de données est de trop
Airtable est un excellent outil de base de données, relationnel, avec des vues, des automatisations et une couche applicative par-dessus. Quand vous avez un catalogue produit relié à des commandes reliées à des fournisseurs, rien ne remplace ça.
Beaucoup de bases ne ressemblent pourtant pas à ça. Une table de tâches avec une colonne date, une colonne responsable et une colonne statut reste une liste de tâches, sauf qu'elle a coûté un après-midi à construire.
Le signe le plus net, c'est d'avoir passé plus de temps sur les champs et les vues d'une base que sur le projet qu'elle devait suivre.
Ce que Flots propose à la place
Flots ne remplace pas une base de données, et ne prétend pas le faire. Il n'y a ni tables liées, ni vue tableur, ni automatisations. C'est assumé.
Ce que vous y trouvez à la place existe dès l'ouverture du compte, sans structure à définir. Les tâches ont une description, des sous-tâches et une priorité. Les catégories traversent tout l'espace. Les projets réunissent tâches, notes et étapes datées, avec les collaborateurs invités dessus.
L'agenda se synchronise avec Google Calendar, accepte les flux .ics, et la vue Planning place les tâches à côté des événements. Les notes s'écrivent en Markdown, s'exportent en PDF ou en Word, se rédigent à plusieurs en direct, et une réunion peut en ressortir sous forme de tâches sans quitter la note. Il y a aussi des documents, des tableaux blancs, et un assistant IA connecté par MCP.
Airtable ou Flots : le comparatif
| Critère | Airtable | Flots |
|---|---|---|
| Nature de l'outil | Base de données relationnelle et couche applicative | Organisation du travail au quotidien |
| Mise en route | Tables, champs et vues à concevoir | Structure prête dès la création du compte |
| Travail à plusieurs | Facturé par collaborateur de l'espace, dès le niveau Commentateur sur Team | Collaborateurs invités projet par projet |
| Prix d'entrée payant | $20 par utilisateur et par mois (Team, à l'année) | 8 € HT par mois (Individuel), 2 mois d'essai offerts sans carte bancaire |
| Prix en équipe | $45 par utilisateur et par mois (Business, à l'année) | 20 € HT par mois et par utilisateur (Team) |
Que faire maintenant
Trois gestes suffisent, et aucun n'engage à quitter Airtable.
Exportez une base complète et vérifiez que le résultat s'ouvre ailleurs. Comptez les personnes réellement facturées sur votre espace de travail, elles sont souvent plus nombreuses que prévu. Et posez-vous la question de l'usage : si vos bases sont surtout des listes de tâches et de projets, vous payez une base de données pour un besoin d'organisation.
Le même raisonnement vaut pour les autres outils de Bending Spoons, Evernote déjà racheté comme Miro, dont le rachat doit être finalisé au quatrième trimestre 2026.
Si vous ne faites qu'une chose cette semaine, faites l'export : vous saurez exactement ce que vous emporteriez en partant.
Un outil d'organisation prêt à l'emploi, sans base à modéliser.



