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Alléger sa charge mentale : les outils qui aident

Équipe Flots5 min de lecture

Vingt-deux heures. La journée est finie depuis longtemps, et pourtant la liste tourne encore : rappeler ce client, vérifier si la facture est partie, penser à réserver avant que ce soit complet. Rien de tout cela ne se fait à cette heure-ci. Tout cela occupe quand même.

Ce n'est pas une question de quantité de travail. C'est une question de ce qu'on garde en tête.

D'où vient la notion de charge mentale

Le terme n'est ni un mot à la mode ni une invention marketing. La sociologue Monique Haicault le conceptualise en 1984, dans un article intitulé La gestion ordinaire de la vie en deux, publié dans la revue Sociologie du travail.

Ce qu'elle nomme ainsi, ce n'est pas la somme des tâches à accomplir. C'est le travail d'organisation lui-même : prévoir, anticiper, coordonner, se souvenir. Un travail qui ne laisse aucune trace, précisément parce qu'il ne produit rien qu'on puisse montrer.

Le concept est né de l'étude du travail domestique. Il a depuis largement débordé ce cadre, et s'emploie couramment pour le travail. Le mécanisme, lui, n'a pas changé.

Ce qui pèse, ce n'est pas la liste, c'est de la retenir

Une tâche posée quelque part de fiable ne coûte presque rien. Une tâche gardée en mémoire coûte en permanence, parce qu'il faut la maintenir disponible : ne pas l'oublier, la ressortir au bon moment, vérifier régulièrement qu'elle est toujours là.

C'est cette maintenance invisible qui fatigue. Pas les quinze minutes que prendra le coup de fil.

D'où un paradoxe que beaucoup de gens vivent sans le nommer : les journées les plus épuisantes ne sont pas les plus remplies. Ce sont celles où l'on a passé son temps à se rappeler ce qu'on avait à faire.

Ce que dit la recherche : un plan libère presque autant qu'une tâche faite

En 2011, deux chercheurs en psychologie, E. J. Masicampo et Roy Baumeister, publient dans le Journal of Personality and Social Psychology une étude au titre révélateur : Consider It Done! Plan Making Can Eliminate the Cognitive Effects of Unfulfilled Goals.

Leur point de départ est connu : un objectif inachevé reste actif dans l'esprit. Leurs expériences le confirment nettement. Les participants à qui l'on rappelle une tâche non terminée ont des pensées intrusives pendant une lecture sans aucun rapport, et réussissent moins bien un exercice qui n'a rien à voir.

Le résultat intéressant vient ensuite. Quand on demande à ces mêmes participants de formuler un plan précis pour leur tâche inachevée, ces effets disparaissent. La tâche n'est toujours pas faite. Elle a simplement une place.

La conclusion pratique est contre-intuitive : ce n'est pas d'en faire davantage qui allège, c'est de décider. Dire quand et comment suffit à rendre à votre attention ce que la tâche lui prenait.

Les gestes qui allègent vraiment

Quatre habitudes suffisent, et aucune ne demande de réorganiser sa vie.

Noter sans réfléchir au rangement. Au moment où la chose vous traverse l'esprit, elle doit pouvoir sortir en quelques secondes. Le classement viendra plus tard, ou jamais.

Donner une date plutôt qu'une intention. C'est exactement ce que montre l'étude de 2011 : une tâche datée cesse de réclamer votre attention. Une tâche qu'on fera « bientôt » continue de la réclamer tous les jours.

Sortir les récurrences de sa tête. Ce qui revient chaque semaine ou chaque mois n'a aucune raison d'être mémorisé. C'est le genre de charge qu'on ne remarque qu'une fois qu'elle a disparu.

Prévoir un moment pour tout relire. Sans ce point fixe, la confiance dans le système s'érode, et la tête se remet à garder une copie de sécurité. La revue hebdomadaire tient ce rôle en une trentaine de minutes.

Si cette logique d'externalisation vous parle, elle est au cœur de la méthode GTD, qui en fait un système complet.

Les outils qui aident, et ceux qui en rajoutent

Un outil censé réduire la charge mentale peut très bien l'augmenter. Deux façons d'y arriver.

La première est la friction à l'entrée. Si noter une tâche impose de choisir une catégorie, un projet, une priorité et une échéance avant de pouvoir écrire quoi que ce soit, l'effort de la capture s'ajoute à celui de la tâche. Beaucoup de gens renoncent et retiennent, ce qui ramène au point de départ.

La seconde est la dispersion. Chaque outil supplémentaire est un endroit de plus à vérifier. Trois applications à consulter le matin, c'est trois occasions d'oublier, et une charge de coordination qui remplace celle qu'on voulait supprimer.

Vider sa tête dans Flots

Dans Flots, un titre suffit pour créer une tâche. Catégorie, sous-tâches, description, récurrence et rappels s'ajoutent seulement si vous en avez l'usage. La capture ne demande donc aucune décision préalable, ce qui est exactement le point.

Les rappels s'activent tâche par tâche, pour être prévenu au bon moment sans surveiller sa liste. Les récurrences se définissent une seule fois et reviennent d'elles-mêmes. Les notes prennent le reste, avec la possibilité d'en extraire directement les tâches repérées au fil d'un paragraphe. Pour ce qui vous vient en marchant, une note vocale enregistre le mémo tel quel, sans le transcrire.

Reste à voir ce que la semaine peut réellement contenir. C'est le rôle de la vue Planning : les tâches déjà programmées à côté de celles qui attendent une date, et la charge visible d'un coup d'œil plutôt que devinée.

Un chantier en cours viendra compléter cet ensemble : les notifications intelligentes, qui priorisent l'information selon votre charge réelle. Cette fonctionnalité n'est pas encore disponible.

La charge mentale ne se combat pas à la volonté. Elle diminue quand on cesse de demander à sa mémoire un travail qu'un système fait mieux qu'elle.

Sortez votre liste de votre tête.

Notez en un titre, donnez une date, laissez les rappels et les récurrences faire le reste.

Questions fréquentes

C'est quoi la charge mentale, exactement ?+

C'est le travail d'organisation lui-même : penser à ce qu'il y a à faire, l'anticiper, le répartir, s'en souvenir au bon moment. Il ne se voit pas, puisqu'il ne produit rien de tangible, et il continue en dehors des heures où l'on travaille réellement.

Comment alléger sa charge mentale au travail ?+

En arrêtant de tout retenir. Noter chaque chose dès qu'elle arrive, lui donner une date plutôt qu'une bonne intention, et prévoir un moment fixe pour tout relire. Ce sont les trois gestes qui font redescendre la pression, bien avant de chercher à en faire davantage.

Une application peut-elle vraiment réduire la charge mentale ?+

Oui, à une condition : qu'elle demande moins d'efforts que de retenir. Si noter une tâche impose de choisir une catégorie, un projet et une priorité avant même de pouvoir écrire, l'outil ajoute de la charge au lieu de l'enlever.

Faut-il vraiment tout noter ?+

Tout ce que vous vous surprenez à vouloir retenir, oui. Le but n'est pas l'exhaustivité mais la confiance : tant qu'un coin de votre tête doute que le système retrouvera l'information, il continue à la garder en double.

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